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HTML Document Delta intérieur du Niger

Le delta intérieur du Niger est une région naturelle du Mali s'étendant sur 64 000 km2, entre les 4e et 6e degrés Ouest et les 13e et 16e degrés Nord, entre les villes Djenné et Tombouctou.

C'est une partie intermédiaire du cours du Niger, où le fleuve se subdivise en de nombreux bras avant de reprendre un cours normal. Le delta intérieur du Niger est reconnu en tant que site Ramsar depuis le 1er février 2004

Date de publication 20/04/2015
Contributeur SIDI DIALLO
Couverture géographique Mali, Niger,
Mots-clefs delta, Mali, Niger, zone humide,

Géographie

Le delta est formé essentiellement par le fleuve Niger et son affluent le Bani et est également traversé par le canal du Sahel. Il s'étend sur 390 kilomètres entre Djenné et Tombouctou avec le lac Débo en son centre. Le delta est en fait un énorme réseau de canaux, de marécages et de lacs. Il se trouve dans une cuvette plane et sablonneuse située à 250-270 mètres d'altitude environ. Jadis lors d'une période plus humide, il constituait un vaste lac alimenté par le haut Niger.

De nombreux lacs sont présents dans la région : le lac Korientzé, le lac Débo (et Oualado-Débo), le lac Niangay, le lac Do, le lac Garou, le lac Haribongo, le lac Kabara, le lac Tanda, le lac Fati, le lac Horo, le lac Télé, le lac Kamango, et le lac Figuibine.

Chaque année, les crues simultanées des deux grands cours d'eau inondent de vastes surfaces de cet énorme delta ; le niveau de l'eau augmente alors, suivant l'intensité des crues, de 4,5 à 7 mètres par rapport à l'étiage. Le maximum annuel des surfaces inondées varie entre 35 000 km2 en année humide et 7 000 km2 en année sèche.

Hydrologie

Lors du passage par le delta, suite à la très faible déclivité du terrain, le fleuve Niger et le Bani perdent près de la moitié de leurs eaux par infiltration et évaporation. Cette dernière est intense dans la région et est estimée entre2 000 et 2 500 millimètres par an.

Débits en amont du delta

Le Niger à Kirango aval[modifier | modifier le code]

Le débit du fleuve a été observé pendant 67 ans (1925-1992) à Kirango aval, station située juste en amont du delta4. Le débit annuel moyen ou module observé à cet endroit durant cette période a été de 1 290 m3/s pour un bassin versant de plus ou moins 137 000 km2, soit la quasi-totalité de la partie du bassin alimentant le delta.

La lame d'eau écoulée dans cette partie du bassin atteint ainsi le chiffre de 297 millimètres par an.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : à Kirango aval, située juste en amont du delta
(Données calculées sur 67 ans)

Le Bani à Douna

Le débit de la rivière Bani a été observé pendant 63 ans (1922-1984) à Douna, localité située près de la ville deZinzana, peu avant l'irruption du Bani dans le delta intérieur du Niger, située à plus ou moins 150 kilomètres du confluent avec le Niger à Mopti5. Le débit annuel moyen ou module observé à Douna sur cette période était de513 m3/s pour un bassin versant de plus ou moins 101 600 km2, soit la quasi-totalité du bassin de la rivière alimentant le delta.

La lame d'eau écoulée dans ce bassin atteint ainsi le chiffre de 159 millimètres par an.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Douna
(Données calculées sur 63 ans)

Débits cumulés du Bani et du Niger en amont du Delta

Les débits annuels moyens cumulés des deux cours d'eau observés ainsi de 1922 à 1992 a été de 1 803 m3/s pour un bassin versant de plus ou moins 238 600 km2. Ce débit constitue plus ou moins 90 % des apports moyens en eau du delta intérieur du Niger, le solde étant dû à quelques rares affluents secondaires du Niger dans la zone du delta ainsi qu'aux précipitations locales.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Cumul du Bani et du Niger en amont du Delta
(Données observées de 1922 à 1992)

Les débits du Niger à Diré en aval du delta

Le débit du fleuve a été observé pendant 67 ans (1924-1992) à Diré, ville située dans la région aval du delta, à quelque 80 kilomètres au sud-ouest de Tombouctou. Le débit annuel moyen ou module observé à cet endroit durant cette période a été de 1 003 m3/s pour un bassin versant de plus ou moins 340 000 km2.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Diré, en aval du delta (Données calculées sur 67 ans)

La période de crue maximale en aval du delta se produit avec un retard de deux mois environ par rapport à l'amont (septembre-octobre en amont et novembre-décembre en aval), temps nécessaire pour inonder puis franchir le delta. Il en va de même pour la période d'étiage ou de basses eaux. La période de pluie maximale (saison des pluies) a lieu en juillet et en août dans l'ensemble du Sahel, donc dans le bassin du Bani comme dans celui du haut Niger. En aval du delta, la crue correspondante à ce maximum des précipitations se produit donc avec quatre mois de retard. En aval du delta, les crues sont largement écrêtées, le delta agissant comme un vaste tampon modérateur. De ce fait, la période de crue y est nettement plus longue. La décrue est lente et s'étale sur de nombreux mois : en mars, au pire de la saison sèche, le fleuve roule encore pas moins de 663 m3/s, alors qu'en amont l'étiage est presque maximal (118 m3/s en mars et 75,3 en avril).

Enfin, environ la moitié des eaux sont perdues lors du passage par le delta. Le débit observé en amont (uniquement les apports du Niger et du Bani) passe de 1 803 m3/s à 1 003 m3/s. En fait, la ville de Diré n'étant pas située complètement en aval du delta, le débit baisse encore nettement entre cette ville et la région de Tombouctou, toujours par infiltration et évaporation. Une perte de débit importante a notamment lieu suite à la sortie du lit du Niger des effluents alimentant le système du lac Figuibine (marigots de Kondi, de Tassakane et de Goundam).

Articles détaillés : Lac Figuibine et Marigot de Goundam.

Évaporation dans la zone du delta

L'évaporation sur nappe d'eau libre dans la zone du delta a été estimée au niveau des stations hydrologiques deMopti et de Tombouctou. La différence entre années humides (1962-1966) et sèches (1982-1986) est cependant peu importante, calculée annuellement : les valeurs moyennes seraient de 2 260 mm pour les années humides et de 2 360 mm pour les années sèches.

Évaporation sur nappe d'eau libre dans le delta intérieur du Niger (en millimètres par an)
Données calculées sur les périodes humide (1962-1966) et sèche (1982-1986)

Pluviométrie

L'importance des pluies décroît du sud vers le nord dans le delta intérieur du Niger. Le cumul annuel des précipitations passe de plus ou moins 550 millimètres à Mopti (confluent du Niger et du Bani) à 320 millimètres àNiafunké. La saison des pluies dure de juin à septembre et la variabilité interannuelle du volume des précipitations est élevée. Les hauteurs moyennes de précipitations mensuelles calculées à partir des observations de neuf stations de la zone du delta (Ké-MacinaSanTénenkouSofaraMopti, Sah, SaraféréNiafunké et Diré) donnent les résultats suivants : 490 millimètres pour la période humide 1962-66, et 330 mm pour la période sèche 1982-86, soit une moyenne générale, toutes années confondues, de plus ou moins 410 millimètres par an2 se répartissant mensuellement comme suit :

Niveau moyen mensuel des précipitations dans la zone du delta intérieur du Niger (en millimètres par an)
Données calculées sur les périodes humide (1962-66) et sèche (1982-86)
Moyenne annuelle de 410 millimètres

Src : fr.wikipedia.org